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Typographie papier, mon (dés)amour

Le 02 mars 2010 dans la catégorie Accessibilité

Bonjour !

Aujourd’hui, je vais vous proposer une petite réflexion. Pour commencer, voici trois illustrations. Elles viennent toutes du journal « The New York Times ». Je vous préviens, cela ne rajeunit pas : il y a presque cent ans entre la première et la troisième image.


times-1917

New York Times 1917


New York Times 1999

New York Times 1999


New York Times 2010 (internet)

New York Times 2010 (internet)

Alors, que remarque-t-on ?

D’abord que la police du titre du journal n’a pas changé depuis un siècle, je sais.

Mais parlons sérieusement :

Simplement que de la version papier à la version web, ce journal n’a pas tellement évolué.

Voilà où je veux en venir : qu’est-ce qui différencie tant le visionnage d’un texte à l’écran par rapport à un texte sur papier ?


Finalement, nous avons gardé les mêmes standards de présentations : colonnes, caractères, titres… tout est soigneusement choisi pour faciliter la lecture et la compréhension de l’information. C’est, tout du moins, ainsi qu’on peut parler des évolutions entre la version de 1917 et celle de 1999.

Je me permets de nuancer ces propos pour 2010 (et puis vous n’avez pas le droit de me dire non, c’est moi qui écris).

La lecture sur écran n’est pas aussi aisée que sur papier, il faut être un minimum habitué pour parvenir à la suivre convenablement. L’œil se fatigue plus rapidement à cause du support lumineux.

Vous en doutez ?! Alors demandez-vous pourquoi l’écriture d’un texte pour le web n’est pas le même exercice qu’un texte sur papier. Sur internet, il faut être plus concis, plus direct. D’après moi, c’est en partie parce qu’une information trop désagréable à lire ne peut pas capter l’attention. Au-delà du souci de compréhension, il y a celui de la lisibilité.


Peut-on reprendre les standards de mise en page du papier à l’écran ?

Vous vous en doutez, je ne le pense pas. Le web devrait s’affranchir de la présentation papier.

Difficile, cependant, d’imaginer une rupture : oui, le contraste noir et blanc fatigue l’œil. Mais l’utilisateur lambda (celui qui n’ira pas passer plusieurs heures par jour devant l’écran) a des habitudes de lecture, celles du papier.

Faut-il donc respecter ces vieilles habitudes, ou en imposer des nouvelles qui risqueraient de le perdre, au profit d’une lecture plus agréable ? Comment parvenir à garder ses visiteurs ?

Nous sommes tellement encrés (oui, le jeu de mot est volontaire) dans les standards d’une typographie papier qu’il est très difficile de les laisser de côté.

Cela me surprend qu’en l’espace de cent ans, avec des supports différents, nous n’ayons pas plus changé de mise en page. Bien sûr, mon sujet d’étude est un journal, il devient donc logique d’en garder les codes visuels. Cependant, bien des sites reproduisent ces codes, sans pourtant être tributaires d’une version papier.

Finalement, où se trouverait l’accessibilité de l’information ? Dans le confort d’une typographie papier, ou dans une mise en page plus axée web – avec, par exemple, un contraste moins tranché ? S’il peut exister un compromis, à quoi pourrait-il ressembler ?